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Le refuge sera gardienné à partir du 16 juin 2012.
Nos Gardiennes et Gardiens vous attendent avec impatience!


photo Isaline Pichard


Le refuge de Pierrredar

Plateau de roc taché de gazon ras
Chaos de caillasse parmi les névés blancs
Enchâssé dans l’immense paroi
Tu es le refuge où chantent les torrents.

Vert, piqué d’euphraise, d’androsace et de grassette
A mes épaules mon lit est tendre et doux.
Dans le ciel où vibre le rayon roux
L’aigle royal tourne et tourne et guette.

Le vallon tout en bas, grand triangle de brume
Estompe la rivière et bleuit le sapin,
Et la cascade est bleue et bleue l’écume
Et dans le bleu disparaît le chemin.

Mon œil s’est fermé dans un conte gris
Et revit le matin au départ glacé,
Le vent qui balaie les pierres du sentier
La ligne du glacier au haut de l’éboulis.

Mon œil c’est fermé dans un conte rose
Et revit les heures de l’aurore enneigée
Les dômes arrondis où la lueur se pose
Le réconfort aussi de la halte obligée.

A mes épaules mon lit de gazon est chaud
Et j’ai rouvert mes yeux : ils ont suivi là-haut
De rocs et de ravines, de couloirs abrupts
Le chemin brûlant tout à l’heure descendu.

Alors l’ami s’est penché sur l’eau claire
Qui coupe le sable d’un éclat sinueux
Où se glaçait le flacon du bon vin généreux.
Avec un grand respect il m’en versa un verre.

Les genoux sont tremblants et le front est brûlé
Par le soleil et les pierres et la neige et la bise
Dans mon gosier coule la liqueur exquise.
Mon œil s’est refermé dans un conte doré.

Poème composé par monsieur Paul Ferrier,
libraire et écrivain dédié à Edgar Pernet.


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