Les infrastructures
Le refuge de PIERREDAR en 1994 (par Antoine Bailly, ancien Président)
Une inauguration dans le respect de la tradition
1. Fallait-il reconstruire le refuge de PIERREDAR ?
De 1908 à 1988 nul n’avait à se poser cette question, malgré la polémique de Guido Magnone qui en 1961 écrivait "faut-il brûler les refuges ?"
Le temps s’écoulait à PIERREDAR sans toucher au solide refuge, régulièrement agrandi, amélioré et consolidé.
Nul ne se doutait que les années 1988 et 1991 lui porteraient un coup fatal.., et amèneraient le Club à se poser la question de l’avenir d’un refuge détruit et ainsi à se positionner face au futur.
2. Un refuge de tradition
Entre défenseurs de la modernité, plaidant pour la construction d’une hôtellerie d’altitude, et les conservateurs, souhaitant le maintien en l’état - malgré les risques - ou même un plateau vide de toute construction, le club a fait un choix raisonné dans le respect de son histoire, tout en y intégrant une vision d’avenir indispensable.
Celui d’un refuge solide, dans une architecture de tradition, intégrée au site par son implantation et ses matériaux, mais confortable, avec une cuisine, un réfectoire et un dortoir de 22 places avec matelas.
Une construction, tenant compte de la rigueur des avalanches et du climat tout en préservant le sanctuaire de PIERREDAR;
un refuge, et non un hôtel ou un abri, tout en limitant au maximum les risques de pollution.
3. Les hôtes de PIERREDAR sont ceux de la montagne
Grâce à cette action, dans le respect d’un espace sensible, le Club de PIERREDAR offre une conception pure du refuge pour que ses hôtes soient ceux de la montagne. II a, au-delà de l’hébergement, une mission éducative et culturelle, celle d’apprendre à aimer et respecter la montagne. Cette mission sera remplie par nos gardiens bénévoles, par la mise en place de sentiers écologiques, par les conseils de nos guides. Le refuge n’est pas qu’une cabane, il est un équipement touristique à part entière, destiné à favoriser une fréquentation de qualité dans le Massif des DIABLERETS;
qualité de la vie en montagne, protection du milieu, connaissance du massif alpin sont ainsi trois objectifs à valoriser dans cette éducation pour la montagne.
4. Une initiative originale
Encouragé par des dons, des souscriptions, des subsides de sociétés, l’aide publique et la participation active de ses membres, un petit club de 200 membres, s’est lancé dans une initiative originale :
construire un refuge, sans se mettre sous l’aile d’une institution. Grâce à des appuis multiples de particuliers (plus de Fr. 100'000.--) du Service des Forêts, du Sport-Toto, de l’Armée, de la Commune d’Ormont-Dessus et d’autres communes, de sections du Club Alpin Suisse, dont celle de Chaussy, d’entreprises locales, le Comité et ses Commissions ont géré la construction de ce refuge pour Fr. 410'000.--
Beaucoup diront Fr. 410’000.-- c’est cher ! Savez-vous que le refuge des Cosmiques, certes plus grand et plus luxueux, a coûté FF 13 millions..., soit dix fois plus ! FF 10 millions pour le refuge du Col de la Vanoise, sans parler d’agrandissements de cabanes en Suisse pour Fr. 600’000.--. Un tel résultat n’a pu être obtenu que grâce à beaucoup de femmes et d’hommes généreux qui ont donné leur temps et leur travail pour ce refuge, un véritable acte de foi pour le Club.
Que souhaiter pour l’avenir du refuge ? Qu’il puisse maintenant faire ses preuves, par son attrait et sa fréquentation.
Qu’il soit considéré par les collectivités publiques comme un équipement touristique à part entière et que de ce fait son accessibilité et son fonctionnement soient améliorés. Que nous puissions obtenir rapidement les sommes (Fr. 90'000.--) qui nous manquent encore.
Et enfin qu’il permette à tous ceux qui aiment et fréquentent les Ormonts de mieux connaître leur montagne et de la vivre.
Souhaitons-lui longue vie.
Antoine BAILLY
Président du Club de PIERREDAR
Juin 1994






